Switzerland
Durant la préparation de la Conférence de Rio+20 et lors des négociations qui ont suivi, la Suisse, membre du Groupe de haut niveau sur la viabilité mondiale, s'est activement engagée en vue de l'instauration d'objectifs de développement durable (ODD). C'est donc un plaisir pour notre pays de participer à la première réunion du Groupe de travail à composition non limitée sur les objectifs de développement durable. Beaucoup de choses ont déjà été dites lors de la réunion d'ouverture et nous nous rallions aux déclarations de nos partenaires, la France et l'Allemagne, qui ont rappelé les futurs objectifs et les attentes principales auxquelles nous devons répondre.
Permettez-moi d'évoquer brièvement trois points qui intéressent particulièrement la Suisse.
1. Tout d'abord, le Groupe de travail à composition non limitée devrait s'efforcer d'élaborer un programme unique pour l'après-2015. La Suisse va contribuer à l'unification et à la convergence des processus post-OMD et ODD, afin de formuler un ensemble unique d'objectifs universels et d'élaborer un nouveau
canevas pour le développement durable. La Suisse note que les nouveaux objectifs internationaux donneront également un cadre important dans lequel s'inscriront les politiques nationales de développement durable d'un monde globalisé et interdépendant, et qu'ils fourniront la trame des mesures d'éradication de la pauvreté.
2. C'est pourquoi les objectifs formulés à l'issue du « processus post-2015 » devront prendre en compte chacun des deux défis énoncés par la Conférence de Rio ainsi que l'héritage et les expériences tirées des Objectifs du Millénaire pour le développement. Dans le sillage de nos décisions et réflexions de Rio, il nous appartient de définir des objectifs qui reflètent toutes les dimensions du développement durable. Dans la définition qu'en a redonné la Conférence de Rio, il s'agit d'un développement qui répond aux besoins des générations actuelles sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. La Suisse rappelle en outre que les droits de l'homme, la réduction des inégalités et la capacité porteuse de la terre constitueront les pierres angulaires d'une politique visant à améliorer les conditions de vie de la population mondiale. Mais il y a aussi d'importants enseignements à tirer des résultats et de l'examen des OMD. L'une de ces leçons est que nous ne devons pas nous arrêter en si bon chemin. L'éradication de la pauvreté doit figurer au nombre des objectifs pour l'après 2015. Cela dit, il est également important de comprendre ce qui doit être amélioré. Lorsque nous avons formulé les OMD, nous avons omis de prendre en compte l'impact négatif des conflits, de la faiblesse des institutions et de l'insécurité sur les objectifs de développement, dimension qui figurait pourtant dans la Déclaration du Millénaire. L'expérience montre cependant que les conflits, la violence, les catastrophes et les situations fragiles sont souvent le corollaire de lacunes de développement et, par voie de ricochet, constituent un obstacle sérieux en la matière. De manière générale, la paix, la sécurité et la résilience doivent être reflétées dans le nouveau programme.
3. Enfin, n'oublions pas que les ODD doivent être servis par un cadre solide régissant leur mise en oeuvre et leur suivi. En conséquence, nous devrions garder à l'esprit les discussions menées parallèlement sur la réforme de
l'ECOSOC et sur l'institution d'un forum politique de haut niveau sur le développement durable, en tant qu'organe fort directement subordonné à l'Assemblée générale. La création de ce type de forum permettra de mettre en place un mécanisme d'examen efficace pour les futurs Objectifs de développement durable. Il s'agit d'une occasion importante de renforcer notre futur programme, ce qui permettra une évaluation et un apprentissage mutuel. Parallèlement, l'ECOSOC devrait être une enceinte vouée à la coordination et à la réalisation du nouveau programme de développement durable à l'échelle de l'ensemble du système opérationnel onusien. La mise en place d'un Forum fort pourrait décharger l'ECOSOC et lui permettre de se concentrer sur ses priorités.
La Suisse est heureuse de s'engager dans un débat franc et constructif.
Je vous remercie.
Unofficial translation
In Preparation for the Rio conference, as a member of the High-level Panel on Global Sustainability as well as in the negotiations of the Rio +20 Conference, Switzerland actively promoted the idea of Sustainable Development Goals (SDGs). It is therefore a pleasure to participate at the first meeting of the Open Working Group on Sustainable Development Goals. Much has been said already at the opening meeting and we would like to support the statements of our partners, France and Germany in outlining key expectations of the process and of future goals.
Let me be brief in indicating three points of particular concern to Switzerland.
1. Firstly, the Open Working Group should work towards a single “post 2015 Agenda”. Switzerland will contribute to the unification and convergence of the post-MDG- and the SDG-processes, in order to obtain one single set of universal goals under a new framework for sustainable development. Switzerland acknowledges that new international goals will also be an important framework for national policy for sustainable development in a globalized and interdependent world while continuing to provide a framework for poverty eradication.
2. Hence goals coming out of the “post 2015 Process” must take account both of the challenges coming out of the Rio process as well as of the legacy and experiences of the Millennium Development Goals. Taking into account our decisions and discussion in Rio, we need to adequately reflect all dimensions of sustainability in a future set of goals. Sustainable development according to the definition that has been reiterated at the Rio+20 Conference is a development that meets the needs of the present generations without compromising the ability of future generations to meet their own needs. Switzerland further emphasizes that human rights, reducing inequalities and the earth’s carrying capacity shall provide the foundation of an agenda for achieving a better life for all.
But there are also important lessons to be learnt from the results and assessments of the MDG-review. Of course, one lesson is, that we must finish the job – poverty eradication will be again on the agenda of the post 2015 framework. But it is also important to understand, what needs to be improved. While establishing the MDGs, the negative role of conflict, weak institutions and insecurity, even if part of the Millennium declaration, was not integrated into the development goals. However, evidence shows, that conflict, violence, disasters and fragile situations are often rooted in development deficits and, in turn, can seriously impede development goals. Peace and Security and Resilience in general must also be addressed in a new agenda!
3. Finally let us not forget, SDGs need a robust framework of implementation and monitoring. Therefore we should not forget the parallel discussions on the Reform of the ECOSOC and the establishment of the High Level Political Forum on Sustainable Development as a strong organ reporting directly to the General Assembly. The establishment of the HL Political Forum gives us the place and opportunity to establish an effective review mechanism for the future Sustainable Development Goals. This is an important opportunity to strengthen the future agenda and provide a place for review and mutual learning. ECOSOC on the other hand should be a place, where the coordination and implementation of the new sustainable development agenda can be advanced and coordinated across the UN operational system. A new strong Forum can help to unburden and focus on the ECOSOC’s agenda.
Switzerland is looking forward to an open and engaged discussion.
Thank you.
Stakeholders