Niger
REPUBLIQUE DU NIGER
FRATERNITE - TRAVAIL - PROGRES
DECLARATION DE MONSIEUR NAMATA ADAMOU
MINISTRE NIGERIEN DE L'HYDRAULIQUE, DE
L'ENVIRONNEMENT ET DE LA LUTTE CONTRE LA
DESERTIFICATION A LA COMMISSION DU
DEVELOPPEMENT DURABLE DES NATIONS UNIES
New York 28 avril 2004
Excellence Monsieur le President,
Le Niger, le plus sahelien des pays du Sahel fait face avec
beaucoup d'acuite au triple defi de l'eau, l'assainissement et les
. En effet, l' eeauetablisements humains au est pour nous une denree rare .
L'agriculture, les menages, 1'industrie et l'elevage en sont les
principales sources de la demande .
Un etat des lieux sommaire de la situation permet de mieux en
saisir l'ampleur du defi ainsi que la coherence des strategies adoptees
par le gouvernement. La realisation des objectifs vises dans les
strategies arretees suppose bien evidemment la levee des contraintes
maj eures auxquelles notre pays, a l' instar de ses voisins du Sahel fait
face.
I- Etat des lieux
1 . Disponibilite de la ressource
? Eau de surface : 30 milliards de m 3 d'ecoulement annuel
provenant essentiellement du fleuve Niger dont moins de
1 % de mobilise
?
Source souterraine renouvelable : 2,5 milliards de m3
d'ecoulement annuel dont moins de 20% de mobilise
?
Ressource fossile 2000 milliards de m3 dont moins de 1
est mobilise .
2 . Taux de couverture des besoins en eau potable : 56% au
31/12/03 ; it etait de 51 % en 2000 ;
3 . En matiere d'assainissement moins de 16% des besoins sont
couverts . De maniere recurrentes nous enregistrons des cas de
pollutions et de maladies hydriques aussi bien dans les villes que
dans les campagnes. Les femmes et les enfants paient le plus
lourd tribut .
2
4. Ensablement et degradation de 1' ecosysteme du bassin du fleuve
Niger, seul cours d'eau p ermanente qui traverse mon p ays sur
550 Km et une surface d'environ 500 000 km 2 (sur une
superficie totale de 2.5 millions de km2 ). La portion nigerienne
du bassin du fleuve Niger abrite une population de l'ordre de 9
Millions de personnes (110 millions sur l'ensemble du bassin) .
L'existence de plus de 2 Millions de personnes depend
directement des enormes ressources naturelles de la vallee du
fleuve Niger, parmi lesquelles les ressources en eau , les
ressources forestieres etc . . .
Les secheresses climatiques recurrentes des trois dernieres
decennies et la forte pression demographique ont induit une
degradation sans precedent de l'environnement du bassiri et
particulierement du regime du fleuve Niger . Le poids de ces effets
climatiques et anthropiques sur les ressources naturelles a atteint une
proportion tres preoccupante, a la limite du supportable, menacant
ainsi la survie meme de's populations riveraines .
En outre, 1'extension des superficies cultivees imposee par
1'accroissement de la population, ont provoque une destruction de la
vegetation naturelle et une exposition des sols a l' erosion regressive
hydrique et eolienne dans le bassin versant du fleuve Niger . Cette
situation s' est traduite par un ravinement important des pentes
topographiques relativement fortes et une induration des sols des
glacis favorisant une augmentation du ruissellement et des apports
importants de sables au fleuve . Comme consequence de cette
degradation environnementale tres avancee des bassins versants, le lit
principal du fleuve se trouve dangereusement ensable et colonise par
des vegetaux aquatiques affectant notablement le regime du cours
d'eau. Ainsi, de 1050 m3/s a la station de Niamey entre 1929 et 1970,
le debit moyen annuel du fleuve est passe a 697 m3/s entre 1971 et
2000 montrant ainsi une diminution de plus de 33% .
Le fleuve Niger avait meme eu a cesser de couler pendant pres de
deux semaines au niveau de la ville de Niamey en juin 1985 et le l er
juin 2003 son debit avait chute a 12 m3/s .
3
i
De meme, la production halieutique est passee de 15 000 tonnes
en 1970 a 3000 tonnes en 1990 et beaucoup moins ces derrieres
annees de meme que les terres agricoles se sont appauvries . Ces
phenomenes ont entraine 1'exode des populations vers les centres
urbains ce qui aggrave la situation de 1'approvisionnement en eau
potable et l'assainissement car ces populations vivent dans des
bidonvilles non viabilises .
II- Politique et strategies du Gouvernement
La politique de 1'Eau et de 1'Assainissement, dont s'est dote le
Gouvernement, repose essentiellement sur les grands axes suivants
?
la connaissance et la maitrise des ressources en eau :
?
1'amelioration de la couverture des besoins en eau des
populations et de leur cadre de vie ;
? L'appui a tous les secteurs de production tout en recherchant
une meilleure adequation entre couts d'investissements,
d'entretien et de fonctionnement des infrastructures
hydrauliques ;
?
la pleine participation des populations a la conception et a la
l'aamelioratio nrealisation des travaux, melioration de la prise en charge
des infrastructures, la clarification et le respect des roles des
differents partenaires (Etat, collectivites, secteur prive,
populations beneficiaires) et la securisation des droits
d'exploitation ;
? la protection des ressources en eau, de la qualite de 1'eau et
des ecosystemes aquatiques par le recyclage et la prevention et
la maitrise de la pollution ;
Quant a la politique de l'assainissement des eaux pluviales et
residuaires, elle est fondee sur le concept de la complementarite entre
la fourniture de 1'eau (a usage domestique, industriel, agricole . . .) et le
i
traitement des eaux residuaires, ainsi qu'entre les amenagements
perturbant le regime des eaux (urbanisation, pistes remblais, surface
impermeabilisees . . .) et les mesures visant a en corriger les effets
nuisibles . Dans ce domaine, notre politique vise les objectifs
specifiques ci-apres
?
elaborer les schemas-directeurs d'assainissement des chefslieux
de departement ;
?
elaborer les plans d'assainissement pour les autres
agglomerations selon 1'acuite des besoins ;
?
definir 1 es b esoins e n matiere d 'assainissement d e t outes les
agglomerations et executer les programmes de realisation
correspondants.
V- Resultats attendus
Dans le cadre de la mise en oeuvre de l'agenda 21, le
Gouvernement du Niger avait elabore un programme hydraulique
national dont les principaux objectifs et resultats attendus a moyen et
long terme sont les suivants
?
Porter a 100% et 70% le taux de couverture a l'horizon 2005
respectivement pour les populations urbaines et rurales . Pour ce
faire i l n ous f audra r ealiser d' ici c ette echeance 3 6 0 00 points
d' eau modernes contre les 20 000 dont nous disposons
actuellement pour une population de 11 millions d'habitants .
?
En matiere d'assainissement, porter a 50% a l'horizon 2005 le
taux de couverture des centres ruraux et augmenter
significativement le taux pour les centres urbains .
?
Inverser la tendance a la degradation de 1'environnement du
bassin du Fleuve Niger afin de securiser nos populations .
A cet egard, le Gouvernement de la Republique du Niger et les
huit autres pays d'Afrique membres de 1'Autorite du Bassin du Niger
(Benin, Burkina Fasso, Cameroun, Cote d'Ivoire, Guinee Conakry
Mali, Nigeria, Niger et le Tchad) se sont accordes avec l' appui de la
Banque Mondiale, sur une vision partagee pour le developpement
5
a
durable du bassin du Niger dont le cadre formel vient d'etre signe le
27 avril 2004 a Paris par les chefs d'Etat et de Gouvernement des
Etats de 1'ABN en presence du President Jacques Chirac.
Cette vision partagee que nous avons initiee depuis decembre
2000 et qui doit aboutir a la formulation d'un Plan d'Actions pour le
Developpement Durable (PADD) constitue pour nous la voie ideale,
sinon la seule a suivre en vue de preserver 1'Environnement du bassin .
Il s'agit d'une vision d'ensemble du developpement du bassin du
Niger, negociee et acceptee par tous les Etats membres de 1'ABN .
Au Niger, en attendant la mise en oeuvre effective du Plan
d' Actions pour un Developpement Durable du Bassin du Niger sur
lequel doit aboutir la vision partagee, avons entrepris, dans le cadre du
Programme Special du President de la Republique, le traitement du
bassin versant du fleuve dans les environs de Niamey.
Au regard des menaces qui sont nombreuses et qui s'accentuent
chaque jour d'avantage, et parce que les actions entreprises n'agissent
pas directement et de facon immediate sur l'hydraulicite du fleuve,
elles n'ont pu c onstituer 1 a s olution definitive p our la protection du
fleuve Niger, gage de 1' exploitation durable de ses ressources .
La construction d'un ouvrage de regulation en amont du parcours
nigerien du fleuve au site de Kandadji, apparait des lors comme etant la
solution la plus realiste et la plus viable . Le o Programme de
Regeneration des Ecosystemes et de mise en valeur de la Vallee du
Niger » d it Programme Kandadji a ete c onru d ans cette perspective
comme r epondant 1 e mieux a c ette p roblematique, suite a u n t ong et
minutieux processus de consultation auquel toutes les parties prenantes
ont ete associees .
Nous sommes bien conscients du caractere transfrontalier des
phenomenes de degradations environnementales qui en fait
interessent 1 'ensemble d u b assin d u Niger. N ous s ommes a galement
conscients que les actions isolees des pays riverains peuvent s'averer
inefficaces et aggraver la situation dans les portions avales du bassin
du fleuve. II apparait ainsi clairement que sans une concertation
6
a
permanente entre l'ensemble des pays partageant les ressources
communes du bassin et une coordination efficace de leurs actions, le
defit de developpement socio-economique durable des populations
riveraines sera tres difficile a lever.
La vision partagee pour le developpement durable du bassin du
Niger, a laquelle nos Etats ont unanimement adhere, constitue pour
nos populations le gage d'un avenir meilleur .
III- Contraintes
Elles sont d'ordre technologique car it faut des moyens
appropries pour la lutte contre l'ensablement et 1'erosion hydrique de
nos plans et cours d'eau, la realisation des retenues, mini-barrages et
les s euils d' epandage pour la mobilisation des eaux d e surface . L es
profondeurs des nappes souterraines varient de 350 a 1000 metres .
Liees aux contraintes technologiques sus-indiquees, it y a les
contraintes Financieres . En effet it faut investir environ 700 000
Euros pour realiser un forage villageois ou pastoral de 500 a 1000
metres de profondeur .
Les investissements requis par les travaux hydrauliques sont en
general importants et depassent dans beaucoup de cas les capacites
propres de financement des communautes beneficiaires . Aussi, les
couts des realisations ont- ils ete pour l' essentiel supportes par les
Pouvoirs Publics, qui font recours eux-memes a la cooperation
bilaterale et multilaterale pour mobiliser les fonds necessaires a
1'execution des amenagements projetes .
Ainsi, au cours de la Decennie internationale de l'Eau Potable et de
dAssainissement (DIEPA) 1981/1990, 120 milliards de FCFA ont ete
investis dans des projets et programmes d'approvisionnement en eau et
d'assainissement dans les proportions suivantes
- 23 milliards dans 1'hydraulique urbaine ;
- 80 milliards dans l'hydraulique rurale ;
- 16,2 milliards dans le domaine de l'assainissement .
7
? En hydraulique agricole, c'est un montant d'environ 51,5 milliards
de FCFA qui a ete investi durant la seule derniere moitie de la
decennie 1981/1990 ;
En p lus d u c out e leve v oire p rohibitif d es o uvrages h ydrauliques,
nous pouvons citer d'autres contraintes non moindres qui sont
?
les aides liees qui imposent experts et equipements grevant les couts
de realisation . En outre le service apres-vente et la maintenance ne
sont plus assures apres la fin du projet ;
?
la persistance de la gratuite de l' eau amene des charges
supplementaires pour l'Etat .
?
les defaillances de 1'administration dans le controle des etudes
occasionnant parfois d'onereux avenants ;
? le manque de concertation entre les differents acteurs pouvant
conduire a la construction d'ouvrages sur et/ ou sous-dimensionnes
ou a des conflits entre secteurs concurrentiels .
FRATERNITE - TRAVAIL - PROGRES
DECLARATION DE MONSIEUR NAMATA ADAMOU
MINISTRE NIGERIEN DE L'HYDRAULIQUE, DE
L'ENVIRONNEMENT ET DE LA LUTTE CONTRE LA
DESERTIFICATION A LA COMMISSION DU
DEVELOPPEMENT DURABLE DES NATIONS UNIES
New York 28 avril 2004
Excellence Monsieur le President,
Le Niger, le plus sahelien des pays du Sahel fait face avec
beaucoup d'acuite au triple defi de l'eau, l'assainissement et les
. En effet, l' eeauetablisements humains au est pour nous une denree rare .
L'agriculture, les menages, 1'industrie et l'elevage en sont les
principales sources de la demande .
Un etat des lieux sommaire de la situation permet de mieux en
saisir l'ampleur du defi ainsi que la coherence des strategies adoptees
par le gouvernement. La realisation des objectifs vises dans les
strategies arretees suppose bien evidemment la levee des contraintes
maj eures auxquelles notre pays, a l' instar de ses voisins du Sahel fait
face.
I- Etat des lieux
1 . Disponibilite de la ressource
? Eau de surface : 30 milliards de m 3 d'ecoulement annuel
provenant essentiellement du fleuve Niger dont moins de
1 % de mobilise
?
Source souterraine renouvelable : 2,5 milliards de m3
d'ecoulement annuel dont moins de 20% de mobilise
?
Ressource fossile 2000 milliards de m3 dont moins de 1
est mobilise .
2 . Taux de couverture des besoins en eau potable : 56% au
31/12/03 ; it etait de 51 % en 2000 ;
3 . En matiere d'assainissement moins de 16% des besoins sont
couverts . De maniere recurrentes nous enregistrons des cas de
pollutions et de maladies hydriques aussi bien dans les villes que
dans les campagnes. Les femmes et les enfants paient le plus
lourd tribut .
2
4. Ensablement et degradation de 1' ecosysteme du bassin du fleuve
Niger, seul cours d'eau p ermanente qui traverse mon p ays sur
550 Km et une surface d'environ 500 000 km 2 (sur une
superficie totale de 2.5 millions de km2 ). La portion nigerienne
du bassin du fleuve Niger abrite une population de l'ordre de 9
Millions de personnes (110 millions sur l'ensemble du bassin) .
L'existence de plus de 2 Millions de personnes depend
directement des enormes ressources naturelles de la vallee du
fleuve Niger, parmi lesquelles les ressources en eau , les
ressources forestieres etc . . .
Les secheresses climatiques recurrentes des trois dernieres
decennies et la forte pression demographique ont induit une
degradation sans precedent de l'environnement du bassiri et
particulierement du regime du fleuve Niger . Le poids de ces effets
climatiques et anthropiques sur les ressources naturelles a atteint une
proportion tres preoccupante, a la limite du supportable, menacant
ainsi la survie meme de's populations riveraines .
En outre, 1'extension des superficies cultivees imposee par
1'accroissement de la population, ont provoque une destruction de la
vegetation naturelle et une exposition des sols a l' erosion regressive
hydrique et eolienne dans le bassin versant du fleuve Niger . Cette
situation s' est traduite par un ravinement important des pentes
topographiques relativement fortes et une induration des sols des
glacis favorisant une augmentation du ruissellement et des apports
importants de sables au fleuve . Comme consequence de cette
degradation environnementale tres avancee des bassins versants, le lit
principal du fleuve se trouve dangereusement ensable et colonise par
des vegetaux aquatiques affectant notablement le regime du cours
d'eau. Ainsi, de 1050 m3/s a la station de Niamey entre 1929 et 1970,
le debit moyen annuel du fleuve est passe a 697 m3/s entre 1971 et
2000 montrant ainsi une diminution de plus de 33% .
Le fleuve Niger avait meme eu a cesser de couler pendant pres de
deux semaines au niveau de la ville de Niamey en juin 1985 et le l er
juin 2003 son debit avait chute a 12 m3/s .
3
i
De meme, la production halieutique est passee de 15 000 tonnes
en 1970 a 3000 tonnes en 1990 et beaucoup moins ces derrieres
annees de meme que les terres agricoles se sont appauvries . Ces
phenomenes ont entraine 1'exode des populations vers les centres
urbains ce qui aggrave la situation de 1'approvisionnement en eau
potable et l'assainissement car ces populations vivent dans des
bidonvilles non viabilises .
II- Politique et strategies du Gouvernement
La politique de 1'Eau et de 1'Assainissement, dont s'est dote le
Gouvernement, repose essentiellement sur les grands axes suivants
?
la connaissance et la maitrise des ressources en eau :
?
1'amelioration de la couverture des besoins en eau des
populations et de leur cadre de vie ;
? L'appui a tous les secteurs de production tout en recherchant
une meilleure adequation entre couts d'investissements,
d'entretien et de fonctionnement des infrastructures
hydrauliques ;
?
la pleine participation des populations a la conception et a la
l'aamelioratio nrealisation des travaux, melioration de la prise en charge
des infrastructures, la clarification et le respect des roles des
differents partenaires (Etat, collectivites, secteur prive,
populations beneficiaires) et la securisation des droits
d'exploitation ;
? la protection des ressources en eau, de la qualite de 1'eau et
des ecosystemes aquatiques par le recyclage et la prevention et
la maitrise de la pollution ;
Quant a la politique de l'assainissement des eaux pluviales et
residuaires, elle est fondee sur le concept de la complementarite entre
la fourniture de 1'eau (a usage domestique, industriel, agricole . . .) et le
i
traitement des eaux residuaires, ainsi qu'entre les amenagements
perturbant le regime des eaux (urbanisation, pistes remblais, surface
impermeabilisees . . .) et les mesures visant a en corriger les effets
nuisibles . Dans ce domaine, notre politique vise les objectifs
specifiques ci-apres
?
elaborer les schemas-directeurs d'assainissement des chefslieux
de departement ;
?
elaborer les plans d'assainissement pour les autres
agglomerations selon 1'acuite des besoins ;
?
definir 1 es b esoins e n matiere d 'assainissement d e t outes les
agglomerations et executer les programmes de realisation
correspondants.
V- Resultats attendus
Dans le cadre de la mise en oeuvre de l'agenda 21, le
Gouvernement du Niger avait elabore un programme hydraulique
national dont les principaux objectifs et resultats attendus a moyen et
long terme sont les suivants
?
Porter a 100% et 70% le taux de couverture a l'horizon 2005
respectivement pour les populations urbaines et rurales . Pour ce
faire i l n ous f audra r ealiser d' ici c ette echeance 3 6 0 00 points
d' eau modernes contre les 20 000 dont nous disposons
actuellement pour une population de 11 millions d'habitants .
?
En matiere d'assainissement, porter a 50% a l'horizon 2005 le
taux de couverture des centres ruraux et augmenter
significativement le taux pour les centres urbains .
?
Inverser la tendance a la degradation de 1'environnement du
bassin du Fleuve Niger afin de securiser nos populations .
A cet egard, le Gouvernement de la Republique du Niger et les
huit autres pays d'Afrique membres de 1'Autorite du Bassin du Niger
(Benin, Burkina Fasso, Cameroun, Cote d'Ivoire, Guinee Conakry
Mali, Nigeria, Niger et le Tchad) se sont accordes avec l' appui de la
Banque Mondiale, sur une vision partagee pour le developpement
5
a
durable du bassin du Niger dont le cadre formel vient d'etre signe le
27 avril 2004 a Paris par les chefs d'Etat et de Gouvernement des
Etats de 1'ABN en presence du President Jacques Chirac.
Cette vision partagee que nous avons initiee depuis decembre
2000 et qui doit aboutir a la formulation d'un Plan d'Actions pour le
Developpement Durable (PADD) constitue pour nous la voie ideale,
sinon la seule a suivre en vue de preserver 1'Environnement du bassin .
Il s'agit d'une vision d'ensemble du developpement du bassin du
Niger, negociee et acceptee par tous les Etats membres de 1'ABN .
Au Niger, en attendant la mise en oeuvre effective du Plan
d' Actions pour un Developpement Durable du Bassin du Niger sur
lequel doit aboutir la vision partagee, avons entrepris, dans le cadre du
Programme Special du President de la Republique, le traitement du
bassin versant du fleuve dans les environs de Niamey.
Au regard des menaces qui sont nombreuses et qui s'accentuent
chaque jour d'avantage, et parce que les actions entreprises n'agissent
pas directement et de facon immediate sur l'hydraulicite du fleuve,
elles n'ont pu c onstituer 1 a s olution definitive p our la protection du
fleuve Niger, gage de 1' exploitation durable de ses ressources .
La construction d'un ouvrage de regulation en amont du parcours
nigerien du fleuve au site de Kandadji, apparait des lors comme etant la
solution la plus realiste et la plus viable . Le o Programme de
Regeneration des Ecosystemes et de mise en valeur de la Vallee du
Niger » d it Programme Kandadji a ete c onru d ans cette perspective
comme r epondant 1 e mieux a c ette p roblematique, suite a u n t ong et
minutieux processus de consultation auquel toutes les parties prenantes
ont ete associees .
Nous sommes bien conscients du caractere transfrontalier des
phenomenes de degradations environnementales qui en fait
interessent 1 'ensemble d u b assin d u Niger. N ous s ommes a galement
conscients que les actions isolees des pays riverains peuvent s'averer
inefficaces et aggraver la situation dans les portions avales du bassin
du fleuve. II apparait ainsi clairement que sans une concertation
6
a
permanente entre l'ensemble des pays partageant les ressources
communes du bassin et une coordination efficace de leurs actions, le
defit de developpement socio-economique durable des populations
riveraines sera tres difficile a lever.
La vision partagee pour le developpement durable du bassin du
Niger, a laquelle nos Etats ont unanimement adhere, constitue pour
nos populations le gage d'un avenir meilleur .
III- Contraintes
Elles sont d'ordre technologique car it faut des moyens
appropries pour la lutte contre l'ensablement et 1'erosion hydrique de
nos plans et cours d'eau, la realisation des retenues, mini-barrages et
les s euils d' epandage pour la mobilisation des eaux d e surface . L es
profondeurs des nappes souterraines varient de 350 a 1000 metres .
Liees aux contraintes technologiques sus-indiquees, it y a les
contraintes Financieres . En effet it faut investir environ 700 000
Euros pour realiser un forage villageois ou pastoral de 500 a 1000
metres de profondeur .
Les investissements requis par les travaux hydrauliques sont en
general importants et depassent dans beaucoup de cas les capacites
propres de financement des communautes beneficiaires . Aussi, les
couts des realisations ont- ils ete pour l' essentiel supportes par les
Pouvoirs Publics, qui font recours eux-memes a la cooperation
bilaterale et multilaterale pour mobiliser les fonds necessaires a
1'execution des amenagements projetes .
Ainsi, au cours de la Decennie internationale de l'Eau Potable et de
dAssainissement (DIEPA) 1981/1990, 120 milliards de FCFA ont ete
investis dans des projets et programmes d'approvisionnement en eau et
d'assainissement dans les proportions suivantes
- 23 milliards dans 1'hydraulique urbaine ;
- 80 milliards dans l'hydraulique rurale ;
- 16,2 milliards dans le domaine de l'assainissement .
7
? En hydraulique agricole, c'est un montant d'environ 51,5 milliards
de FCFA qui a ete investi durant la seule derniere moitie de la
decennie 1981/1990 ;
En p lus d u c out e leve v oire p rohibitif d es o uvrages h ydrauliques,
nous pouvons citer d'autres contraintes non moindres qui sont
?
les aides liees qui imposent experts et equipements grevant les couts
de realisation . En outre le service apres-vente et la maintenance ne
sont plus assures apres la fin du projet ;
?
la persistance de la gratuite de l' eau amene des charges
supplementaires pour l'Etat .
?
les defaillances de 1'administration dans le controle des etudes
occasionnant parfois d'onereux avenants ;
? le manque de concertation entre les differents acteurs pouvant
conduire a la construction d'ouvrages sur et/ ou sous-dimensionnes
ou a des conflits entre secteurs concurrentiels .
Stakeholders