Major Group: Workers & Trade
Commission on sustainable development
Fourteenth session; 1-12 May
Statement by the European T rade Union Confederation (ETUC) on behalf of the
major group Workers and trade unions.
Le mouvement syndical européen est convaincu que la stratégie de croissance et
d?emploi de l?UE (stratégie de Lisbonne) est condamnée à l?échec si elle ne
s?accompagne pas d?une action déterminée pour changer de modèle énergétique.
Sans cela, notre croissance sera étouffée par la hausse des prix de l?énergie et par le
réchauffement climatique.
Je voudrai saluer la référence faite par monsieur le ministre Elliot à la nécessité de
faire respecter les normes fondamentales du travail de l?Organisation Internationale
du Travail. Cela est important non pas tant pour assurer un fonctionnement efficace
du marché du travail ; mais surtout pour assurer à chacun dans le monde un travail
décent, par lequel tout développement durable doit commencer.
L?UE peut compter sur un modèle social et un système de relations industrielles (i.e.
relations formalisées entre les employeurs et les employés) solides, qui contribuent à
la construction d?une main d?oeuvre qualifiée et performante et de services publics de
qualité . La qualité des relations industrielles contribue aussi à une répartition des
richesses économiques la plus équitable possible.
Ces instruments doivent être renforcés et mobilisés pour opérer la transition
énergétique d?une manière qui soit la plus équitable possible et qui contribue aussi au
maintien d?une large base industrielle en Europe, créatrice d?emplois. C?est ainsi que
nous, syndicats, concevons un développement énergétique durable.
Laissez-moi vous donner quelques exemples du rôle que jouent les syndicats dans la
transition énergétique:
- les accords collectifs qui ont force de loi. Deux millions dans le monde. 41 accords
mondiaux au niveau des entreprises multinationales, dont certains incluent des
dispositions environnementales ; en Espagne, les syndicats de l?entreprise
électrique ENDESA incluent l?obligation d?augmenter les capacités de production
d?énergie éolienne.
- Dans plusieurs pays, notamment en Allemagne et en Belgique, les syndicats ont
collaboré avec les gouvernements et les ONG pour mettre en place des
programmes ambitieux de rénovation de logements pour améliorer l?efficacité
énergétique, dans le but de réduire les émissions, de créer des emplois et de
réduire la facture énergétique des occupants;
- Les syndicats gèrent le plus grand système de formation professionnelle
informelle, destinés aux délégués syndicaux. Ces dernières années, les sujets liés
à l?environnement et à l?efficacité énergétique ont pris une place accrue;
- Syndicats développent une expertise et des outils pour que la mise en oeuvre du
protocole de Kyoto ne conduise pas à des pertes d?emplois, ce qui le rendrait
inacceptable socialement.
Nous voudrions aussi encourager cette assemblée à examiner sans a priori les
conséquences des processus de libéralisation des marchés de l?électricité et du gaz
dans l?UE du point de vue d?un développement énergétique durable. Ceci est d?autant
plus nécessaire que l?UE tente d?exporter ce processus dans les pays tiers à travers
ses politiques extérieures.
La Confédération Européenne des Syndicats s?est exprimée récemment pour appeler
l?UE à réexaminer sa politique de libéralisation. Manifestement, ce modèle ne tient
pas ses promesses, dans un secteur hautement capitalistique. On n?a pas de preuves
d?une baisse des prix de l?électricité liée à la libéralisation ; on observe au contraire
une forte volatilité des prix à court terme, ce qui dissuade les opérateurs de réaliser
les investissements nécessaires pour la sécurité d?approvisionnement. La constitution
de quelques grands groupes privés de l?énergie a remplacé les monopoles publics.
La régulation d?un secteur aussi stratégique que l?énergie échappe ainsi au contrôle
démocratique des Etats.
Ces questions doivent être examinées sans a priori, de la même manière que tout le
monde s?accorde pour considérer que les choix technologiques doivent être
considérés sans parti pris.
Fourteenth session; 1-12 May
Statement by the European T rade Union Confederation (ETUC) on behalf of the
major group Workers and trade unions.
Le mouvement syndical européen est convaincu que la stratégie de croissance et
d?emploi de l?UE (stratégie de Lisbonne) est condamnée à l?échec si elle ne
s?accompagne pas d?une action déterminée pour changer de modèle énergétique.
Sans cela, notre croissance sera étouffée par la hausse des prix de l?énergie et par le
réchauffement climatique.
Je voudrai saluer la référence faite par monsieur le ministre Elliot à la nécessité de
faire respecter les normes fondamentales du travail de l?Organisation Internationale
du Travail. Cela est important non pas tant pour assurer un fonctionnement efficace
du marché du travail ; mais surtout pour assurer à chacun dans le monde un travail
décent, par lequel tout développement durable doit commencer.
L?UE peut compter sur un modèle social et un système de relations industrielles (i.e.
relations formalisées entre les employeurs et les employés) solides, qui contribuent à
la construction d?une main d?oeuvre qualifiée et performante et de services publics de
qualité . La qualité des relations industrielles contribue aussi à une répartition des
richesses économiques la plus équitable possible.
Ces instruments doivent être renforcés et mobilisés pour opérer la transition
énergétique d?une manière qui soit la plus équitable possible et qui contribue aussi au
maintien d?une large base industrielle en Europe, créatrice d?emplois. C?est ainsi que
nous, syndicats, concevons un développement énergétique durable.
Laissez-moi vous donner quelques exemples du rôle que jouent les syndicats dans la
transition énergétique:
- les accords collectifs qui ont force de loi. Deux millions dans le monde. 41 accords
mondiaux au niveau des entreprises multinationales, dont certains incluent des
dispositions environnementales ; en Espagne, les syndicats de l?entreprise
électrique ENDESA incluent l?obligation d?augmenter les capacités de production
d?énergie éolienne.
- Dans plusieurs pays, notamment en Allemagne et en Belgique, les syndicats ont
collaboré avec les gouvernements et les ONG pour mettre en place des
programmes ambitieux de rénovation de logements pour améliorer l?efficacité
énergétique, dans le but de réduire les émissions, de créer des emplois et de
réduire la facture énergétique des occupants;
- Les syndicats gèrent le plus grand système de formation professionnelle
informelle, destinés aux délégués syndicaux. Ces dernières années, les sujets liés
à l?environnement et à l?efficacité énergétique ont pris une place accrue;
- Syndicats développent une expertise et des outils pour que la mise en oeuvre du
protocole de Kyoto ne conduise pas à des pertes d?emplois, ce qui le rendrait
inacceptable socialement.
Nous voudrions aussi encourager cette assemblée à examiner sans a priori les
conséquences des processus de libéralisation des marchés de l?électricité et du gaz
dans l?UE du point de vue d?un développement énergétique durable. Ceci est d?autant
plus nécessaire que l?UE tente d?exporter ce processus dans les pays tiers à travers
ses politiques extérieures.
La Confédération Européenne des Syndicats s?est exprimée récemment pour appeler
l?UE à réexaminer sa politique de libéralisation. Manifestement, ce modèle ne tient
pas ses promesses, dans un secteur hautement capitalistique. On n?a pas de preuves
d?une baisse des prix de l?électricité liée à la libéralisation ; on observe au contraire
une forte volatilité des prix à court terme, ce qui dissuade les opérateurs de réaliser
les investissements nécessaires pour la sécurité d?approvisionnement. La constitution
de quelques grands groupes privés de l?énergie a remplacé les monopoles publics.
La régulation d?un secteur aussi stratégique que l?énergie échappe ainsi au contrôle
démocratique des Etats.
Ces questions doivent être examinées sans a priori, de la même manière que tout le
monde s?accorde pour considérer que les choix technologiques doivent être
considérés sans parti pris.